Témoignage de Florence - Mon alimentation, le sport et moi

Merci à Florence, ma chère cliente qui raconte en conscience son parcours et son évolution de ces dernières années. J'y apporte aussi quelques points de développement supplémentaires.

Vous retrouvez le témoignage vidéo sur nos différents réseaux


Belle lecture et/ou bon visionnage :-)


Jusqu’en 2012 – la liberté

Je me souviens avoir toujours eu une préférence pour le sucre et jamais refusé du dessert. Ceci est d’ailleurs une tradition familiale, où on se considère comme des amateurs de sucre. Je pesais un poids moyen qui me gênait un peu mais sans trop y penser.


Les repas familiaux festifs (anniversaires, Noël) comprenaient toujours un grand buffet de desserts et je pouvais ingurgiter plusieurs assiettes jusqu’à parfois m’en rendre malade.


Cette tendance faisait partie de mon identité et je n’ai pas été sensible aux régimes durant mon adolescence comme cela est souvent le cas.


J’ai toujours fait du sport de loisir, notamment du ski de fond et des randonnées estivales. Par période, un peu de course mais sans conviction.


Développement : je trouve super intéressant ce 1er paragraphe. Tu mentionnes la liberté et en même temps le fait "d'ingurgiter jusqu'à parfois m'en rendre malade". Est-ce que tu te sentais vraiment libre du coup ?

Une hypothèse serait que tout ce qui s'est passé ensuite a permis que tu puisses à un moment donné et petit à petit reprendre les rênes, le pouvoir de ton alimentation, en te reconnectant à toi, et en t’éloignant des comportements qui font plus de mal que de bien comme le fait d’ingurgiter jusqu'à s'en rendre malade. Et la seconde hypothèse est le fait que tu étais probablement au-dessus de ton poids de forme à ce moment-là puisqu’en ingurgitant à s’en rendre malade, les besoins du corps sont clairement dépassés


2013 - mentalisation

Cette année a représenté un tournant dans ma vie avec une nouvelle profession plus physique où j’ai dû me mettre au sport quotidien. Le fait de faire du sport plus régulièrement m’a fait perdre du poids et c’est là que ma relation à mon alimentation a changé…


Ça avait l’air si facile que j’en ai voulu plus et que j’ai donc commencé à réfléchir à ce que je mangeais, petit à petit. J’ai commencé à me renseigner sur la composition des aliments, l’équilibre alimentaire, la pyramide alimentaire etc. A lire différents articles sur des régimes (sans gluten, sans sucre, low-carb, intermittent, dukan, dissocié etc.). Petit à petit, j’ai intégré l’idée que rien de ce que je mangeais n’allait.


De par ma nouvelle profession, j’ai également découvert le sport en salle, la musculation et une certaine pression pour progresser.


Développement : Ici on voit bien l'impact de la culture des régimes et de toutes les infos contradictoires et casse-têtes que l’on peut trouver à droite à gauche.

Et j'ai juste envie de mettre en avant que CE N'EST PAS DE TA FAUTE si tu es entrée dans cette mentalisation, ça parait évident surtout lorsque jusqu'ici tu ne t'étais pas intéressée à ce type de contenu. Forcément quand tu es plongée dedans d'un coup sans gilet de sauvetage, c'est-à-dire un regard objectif avec tous les effets négatifs et fragilisant pouvant arriver.

Et bien sûr que lorsqu'on veut vendre une méthode miracle, on ne va jamais mettre en avant ces failles. On te pousse à mentaliser et on te fait croire que si tu n’y arrives pas, t'es qu'une merde sans volonté. Je ne peux pas le dire autrement...


2014 – sans féculents

En me remémorant cette année-là, je me vois manger des blancs de poulet vapeur et des légumes, vapeur également. C’est tout. Il y a certainement eu des « écarts » mais mon souvenir est assez limité à ces repas sans sucre et sans graisse.


J’ai perdu quelques kilos et le sport quotidien m’a permis de me sculpter un corps qui me plaisait. Je me remémore une photo de moi : t-shirt relevé face au miroir dans une chambre d’hôtel après ma séance de sport. Car oui, même en déplacement professionnel de 2-3 jours, je ne partais jamais sans mon matériel de sport.


Je me souviens expliquer aux gens que « non, je ne me prive pas, je mange simplement sainement ». Un beau moyen de se voiler la face. J’ai encore en tête la remarque d’un collègue me disant que mon assiette était énorme : « tu manges que des légumes, mais alors tu en manges beaucoup ! »


Je découvre également ces fameuses applications permettant de calculer les calories ingérées et dépensées. Mes séances de sport sont dorénavant basées sur la dépense énergétique et non plus le plaisir.


Développement : Là on voit bien le tournant, le moment où tu obtiens quelque chose que tu aimes physiquement avec en contrepartie la baisse/perte de plaisir, l'augmentation de la pression, l'envie d'aller toujours plus loin, l'énorme impact sur la santé mentale.

Et j’ai envie d’insister sur le fait que cela ne veut absolument pas dire qu'on ne peut pas atteindre ses objectifs. La question est de savoir à quel prix on veut les atteindre et à quel moment l’équilibre psychique s’en trouve rompu.

Alors oui, associer objectifs, santé et plaisir prend parfois plus de temps que ce que l'on aimerait. L’objectif final étant pourtant que ce que l’on obtient reste durable...



2015 et 2016 - compulsions

C’est ainsi que les compulsions ont commencé. Durant ces 18 mois, je prends 12 kg environ. Je mange du chocolat en cachette : j’ai des paquets cachés dans mes piles d’habits notamment. Pourtant, je ne subis aucun jugement ni remarques de mon conjoint. Avec le recul, je pense que je me cache de moi-même, de mon propre regard et de la honte que ces compulsions peuvent me faire ressentir. Tel un alcoolique…


Le reste de mon alimentation est toujours aussi léger.


Je finis par ne plus acheter de chocolat et le bannir de ma maison. Il restera mon aliment amour-haine.


Durant cette période, je teste aussi la chrono-nutrition. Je me retrouve à manger des aliments en quantité artificielle à des moments inhabituels pour moi, tel que 100g de fromage le matin… Je m’y accroche quelques temps, mais je me rends compte par moi-même que ça ne me plaît pas.

Evidemment, je ne me sens pas bien dans ma peau. Après une crise de larmes, je fais quelques recherches sur le net. Pour moi, je n’ai pas un problème alimentaire, mais je dois faire du sport intensif. Je recherche donc un coach sportif. Mon conjoint s’intéresse à ce que je fais et m’explique qu’il pense que je devrais plutôt chercher une nutritionniste. Heureusement qu’il s’est permis d’intervenir…


Et donc, début 2016, je rencontre Florine. J’ai téléphoné au premier cabinet de nutrition que j’ai trouvé ! Rien n’est dû au hasard paraît-il.

Naturellement, la première chose à faire est de stopper le comptage des calories. Je m’y attendais, ce n’est donc pas une surprise mais plutôt un soulagement qu’une professionnelle me le demande. Ça valide mon ressenti profond.


Petit à petit je me réapproprie mes sensations de faim et de satiété. Le sport devient un « sucre » dans le sens où je le fais pour me faire plaisir. Évidemment, je pars quand-même en voyage de noce avec mes baskets et je vais courir dès que l’occasion se présente. Je nous vois même en salle de sport dans un hôtel de Toronto avec mon mari…


Puis, je tombe enceinte. Florine va m’aider à apprivoiser mes craintes par rapport à mon poids durant cette période. Je respecte tellement mes sensations que je ne prends pas de poids durant ma grossesse. Je perds même quelques kilos au début, sans y penser, et sans nausées de grossesse. Durant ma grossesse, je me souviens manger de façon très irrégulière, en sautant parfois des repas, et en mangeant plus à d’autres. Cela semble alors correspondre à ce que je ressens.


Développement : L'envers du décor qui débarque. A nouveau, ce n'est pas de ta faute ! C'est la suite logique à ce qui s'est passé les années d'avant. Et là on observe encore plus les conséquences physiques ET psychiques. Car personne n'a envie de choisir consciemment "tiens, je vais manger en cachette, ça peut être sympa". C'est juste que tu ne savais pas comment faire autrement pour te sortir de cet engrenage.

“Tel un alcoolique". Et en réalité, l’'addiction au sucre n'existe pas ! Ton comportement est la conséquence de ce qu'il s'est passé avant et le fait que "le reste de mon alimentation est toujours aussi léger".

Le cercle vicieux dans toute sa splendeur -> tu ne manges pas de féculents -> à un moment donné ton corps n'en peut plus -> pour te sauver, il te pousse à faire des compulsions. Il cherche juste à t'alarmer qu'il a besoin que tu retrouves un équilibre. Mais on te fait croire qu'il faut serrer la vis encore un peu plus fort alors que c'est tout le contraire dont tu aurais besoin -> donc compulsions/prise de poids -> dès que tu peux tu allèges encore plus ton alimentation -> et forcément ça entretient les compulsions -> donc croyance que tu ne sais plus gérer certains aliments -> donc tu arrêtes d'en acheter -> et forcément tu perds cette capacité naturelle de savoir les consommer en fonction de tes besoins -> et tu penses donc que tu y es addict...


2017, 2018, 2019 - retour à la liberté, du moins c’est ce que je croyais

J’accouche au printemps 2017. Au contrôle post-partum, je pèse 6 kg de moins qu’avant ma grossesse. J’en suis fière et cela me permet d’avancer. Je me remets au sport dès que possible, par plaisir. J’allaite ma fille, ce qui me permet de perdre encore 5 kg, naturellement. L’allaitement me donne faim, je prends plaisir à manger de tout sans trop y penser.


Cela se passe bien et Florine et moi décidons de ne pas poursuivre les rendez-vous pour l’instant.


Début 2018, j’enchaîne une deuxième grossesse. Tout se passe bien, je fais du sport par plaisir jusqu’à la fin. Mon fils naît en septembre 2018. Le stress, l’allaitement, les grossesses rapprochées, la fatigue me donnent faim. Je mange, je me respecte et je perds encore quelques kilos. Je descends au-dessous de 59 kg en étant partiellement consciente que l’allaitement y joue sûrement un rôle. C’est un poids que je n’avais pas connu depuis le début de l’adolescence.


Je suis légère, les gens me font remarquer que j’ai perdu du poids. Je suis fière de ces remarques. Je refais toute ma garde-robe, de toute façon tout est trop grand !


Plusieurs fois durant ces 3 ans, les questions de l’alimentation et de mon poids m’ont turlupinée. J’ai écrit une fois à Florine, puis je n’ai pas donné suite. J’ai une autre fois demandé conseil pour mes enfants, peut-être était-ce un alibi pour reprendre contact.


Développement : On observe ici un merveilleux message d’espoir : en apprenant à t'écouter, à respecter tes besoins, ton corps revient naturellement et progressivement à son poids naturel. Et j’adore quand tu dis : “en sautant parfois des repas et en mangeant plus à d'autres" -> aucun plan alimentaire ne peut prédire ça. D’où l’importance de prendre conscience que nous sommes tous uniques et différents et que nos propres besoins varient d'un jour à l'autre


2020 – le retour de mes démons

Mon fils a eu 1 an fin 2019 et je l’allaite toujours, mais moins, évidemment. Je reprends donc un peu de poids (3 kg environ), puis je me stabilise à nouveau quelques temps. Mes «petits» habits me vont toujours et je me dis que c’est peut-être mon nouveau poids de forme après les grossesses et les allaitements. Nous ne souhaitons pas de troisième enfant et je cherche donc à stabiliser mon corps et mon alimentation.


Je me mets la pression pour rétablir mes abdos, me remuscler en ayant la fameuse photo de 2014 (celle à l’hôtel) en tête. Je la regarde parfois. Mon mari me dit que j’ai de la chance, et j’en suis consciente, car je n’ai pas gardé de poids de mes grossesses. Cela me met peut-être encore plus de pression, inconsciemment.


Début 2020, je découvre que si je fais du sport vers 6h le matin, je suis douchée et prête à lever les enfants à 7h. Pendant des mois, je mets donc mon réveil un peu avant 6h, 5 fois par semaine, pour faire mes séances sportives dans ma pièce aménagée à la cave.


Les enfants nous mènent la vie dure (comme tous les enfants) : entre chamailleries, cris, refus d’obéir. Je ne suis pas une maman aussi bienveillante que je le voudrais, je sais que je crie un peu trop, que je dis des mots que je regrette quand je suis énervée et que je suis parfois brusque.


La grande culpabilité induite par mon attitude avec mes enfants fait que je recommence mes compulsions.


Plus je m’énerve, plus je grignote, plus je fais du sport. Le cercle vicieux est de retour.


Je sens que je perds les pédales, et je contacte Florine avant qu’il ne soit trop tard. Le travail actuel est basé sur le respect des sensations, plus que sur le contenu de mes assiettes qui est globalement équilibré. Nous cuisinons beaucoup avec les enfants, puisque nos taux de travail nous le permettent.


Je teste aussi une diminution des apports en gluten, je vois une amélioration sur mes ballonnements et mon transit.


J’avance pas-à-pas. Parfois, je parviens à respecter mes besoins, parfois non. Les excès sont toujours suivis d’un profond mal-être et d’une grande culpabilité.


En décembre, j’ai eu des réflexions au travail su le contenu de mon assiette. Ce jour-là, j’avais une assiette légère pour dîner. J’avais également prévu un en-cas pour le matin et un pour l’après-midi, en cas de besoin.


J’ai eu les remarques suivantes :

  • Tu es à la diète ?

  • Les régimes, c’est au printemps que ça se fait !

  • Tu as acheté 20 kg de pommes ou bien ? (oui, j’en ai mangé une à 10h et une en dessert, quelle sainte horreur !)


J’ai, en plus, senti une forme de sexisme, car personne n’a fait de remarques à mon collègue masculin qui a simplement sauté le dîner car trop mangé à 10h.


Je leur ai fait remarquer pas subtilement que mon appétit était fluctuant et que je faisais de mon mieux pour le respecter. Le regard des autres est malheureusement bien souvent difficile à supporter pour moi. Les remarques positives me portent alors que la moindre remarque négative me descend beaucoup plus qu’elle ne devrait.